Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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URBANISME BORDEAUX : NON AU PROJET IMMOBILIER DE LA JALLERE.PRENONS LE TEMPS D’UNE PAUSE ! PRENONS LE TEMPS DE RETROUVER DU SENS !

Publié le 06/10/2016

Laissons les nouveaux quartiers de cette ville reprendre leur souffle.

URBANISME BORDEAUX : NON AU PROJET IMMOBILIER DE LA JALLERE.

PRENONS LE TEMPS D’UNE PAUSE ! PRENONS LE TEMPS DE RETROUVER DU SENS !

Vraiment la vampirisation de notre territoire bordelais est sans fin !

Maintenant et malgré les ratages immobiliers des nouveaux quartiers bordelais, certains « architectes – urbanistes – promoteurs » s’attaquent à nos zones humides, les seules de notre ville intra-muros.

A la Jallère, entre Bruges et Bordeaux, voilà maintenant que l’on veut  implanter un nouveau quartier champignon sur pilotis. Bien sûr au mépris de notre environnement et en s’asseyant sur les erreurs urbanistiques récentes des nouveaux quartiers bordelais, qui tous les jours alimentent la chronique des malfaçons, des déçus, des procès, des constats d’huissiers… 

Il y a plus d’un an, au moment de la chute du balcon de Ginko j’avais demandé au Maire de Bordeaux un moratoire sur les projets immobiliers en cours, pour reprendre la réflexion afin d’éviter l’irréparable. Cette proposition de bon sens fut à l’époque balayée d’un revers de main par Alain Juppé, qui m’avait même traité d’imbécile, en rajoutant qu’on n’allait pas tout arrêter à Bordeaux pour la chute d’un simple balcon… excusez-moi du peu.

Aujourd’hui, quand on voit le résultat, avec l’asphyxie  de ces quartiers, le peu d’espaces verts, le sous équipement chronique en écoles, crèches, piscines, gymnases, il est clair que ce moratoire était plus qu’indispensable. Il est maintenant trop tard pour revoir la copie et ce triste résultat va être imposé aux bordelaises et aux bordelais pour de très longues, trop longues décennies.

Si le moratoire n’est plus possible, demandons au moins UNE PAUSE.

Laissons les nouveaux quartiers de cette ville reprendre leur souffle.

Avant de lancer de nouveaux projets, alors que les premiers ne sont pas encore totalement livrés et accusent des manques importants d’équipements publics, prenons le temps de donner un peu d’air, un peu de verdure, un peu de sens !

Prenons le temps de construire les écoles pour nos enfants en lieu et place de ces installations provisoires en « Algéco » qui vont malheureusement durer bien plus longtemps qu’annoncé.

Prenons le temps de redonner sa place à la vie normale. Le temps que la poussière permanente de ces travaux à la récurrence névrotique se dissipe un peu.

Prenons le temps de laisser revenir l’âme des lieux, de redonner aux génies des lieux, partis avec la poussière l’envie de revenir.

Prenons le temps d’aménager nos rues, d’y implanter des vraies pistes cyclables en site propre aux cheminements étudiés pour rejoindre crèches, écoles, collèges, lycées…

Prenons le temps d’organiser un retour durable des petits commerces de proximité.

Aujourd’hui tous ces M2 en pieds d’immeubles, dévolus en théorie aux commerces ont des difficultés à trouver preneurs et malheureusement quand quelques courageux se lancent, beaucoup ne tiennent que quelques mois et ferment par manque de chalands. On ne décrète pas la chalandise.

En effet, l’urbanisme urbain développe depuis quelques années des programmes très « autistiques ». Des sortes de bunker ultra protégé, avec des multitudes de codes pour pouvoir y pénétrer. Parfois 3 codes ou « badgeages » sont nécessaires, le premier pour avoir accès au sas, le deuxième, pour avoir accès aux boîtes aux lettres et le troisième pour accéder aux étages, plus celui du parking.

On installe ainsi une sorte de « paranoïa » chez l’habitant, qui sortant du travail, passe à l’hyper marché, puis pénètre dans  le parking et monte directement dans l’appartement pour n’en redescendre que le lendemain en empruntant le même circuit en sens inverse. Cette sorte de rituel n’est pas très favorable aux commerces de proximité en bas d’immeubles.

Prenons le temps de réinjecter de l’emploi industriel urbain au cœur de ces quartiers.  Seuls les salaires industriels des activités à forte valeur ajoutée permettront de relever le salaire médian bordelais (aujourd’hui de 1400€/mois), et ainsi sauver la mixité sociale de ces nouveaux quartiers, où, les loyers, issus à 80% de la défiscalisation sont très élevés et  rends ces appartements inaccessibles aux employés du secteur tertiaire, dont le salaire moyen et de 1180€/mois.

Prenons le temps de retrouver du sens au milieu de cette frénésie immobilière.

Prenons le temps d’écouter les analyses de certains philosophes de l’urbain, comme Thierry Paquot, qui a étudié la densification urbaine et qui a démontré que les grands ensembles sont des nids à solitude et des passoires thermiques. Il démontre également, que les quartiers urbains pavillonnaires peuvent être plus denses qu’un assemblage de barres et de tours.

Reprenons un rythme humain pour le développement de Bordeaux.

Ne laissons pas redémarrer l’étalement urbain avec des dossiers comme le projet de La Jallère, qui encore une fois, derrière le sempiternel discours de ces bâtisseurs de misère, vont nous faire croire qu’ils vont nous pondre le projet de notre bonheur alors que quelques mois plus tôt, à deux kilomètres,  ils nous ont laissé un œuf déjà nauséabond.

Ne nous laissons plus vampiriser par ces pompeurs de fric, qui se payent sur la bête. Et la bête c'est nous !

Philippe Dorthe

Le 06 octobre 2016



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