Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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IMMOBILIER à BORDEAUX : Une tour de 60m de haut au coeur du périmètre classé UNESCO

Publié le 23/02/2016

La tour de l'îlot Lesieur est refusée. Je mène ce combat depuis 6 mois et c'est pour moi une première grande victoire contre l'absurde, même le Maire de Bordeaux, avide de bétonnage a été forcé de se rallier

« En continuant à laisser les pleins pouvoirs à la promotion immobilière, Alain Juppé fait de Bordeaux un bric-à-brac, caché par une vitrine de bijoutier ».
Après les tentatives avortées du Maire pour réduire à néant « l’esprit du lieu » de Bordeaux (destruction du pont du pertuis, tentative de destruction des grandes écluses, 1er projet « Nautilus » mis à mal par l’UNESCO…), aujourd’hui l’édile est obligé de reculer sur le projet de tour sur l’îlot Lesieur suite aux avis négatifs de l’Etat et de l’UNESCO..
On sent bien que le Maire, installé dans sa fusée présidentielle, est sur le point de quitter la planète Bordeaux pour des cieux nationaux.
Les promoteurs ne s’y trompent pas à en croire la frénésie immobilière qui s’emballe pour siphonner, aspirer, racler tout ce qui est encore possible avant la fin du règne du « meilleur d’entre nous ».
Frénésie irrépressible, soutenue par quelques janissaires et autres éminences, quitte à laisser un magma urbain informe à l’urbanisme quasi inexistant. Cette accumulation de programmes ne manquera pas de générer quantité de grenades sociales dégoupillées, de bombes à retardement, qui à coup sûr exploseront à la barbe de ceux, quels qu’ils soient, en charge de cette ville dans les huit ou dix ans qui viennent.
Aujourd’hui, quelques prises de conscience commencent à se manifester. Que ce soit chez certains architectes ou chez quelques hauts fonctionnaires effarés et arrivés au bout de leur capacité à ne pas faire de vagues…
Que ce soit dans les collectivités locales en charge de l’action sociale, ou dans les divers services de l’État, tous sont inquiets, à échéance d’une décennie, par le résultat des simulations de l’évolution sociale de ces quartiers champignons.
Bien souvent les mêmes causes produisent les mêmes effets ! Sauf qu’aujourd’hui, ces concentrations urbaines, qui furent les graves erreurs des années 70 et dont nous payons tous les jours les frais, sont multipliées par 5 dans un laps de temps beaucoup plus court. En plus, cette urbanisation souffre d’une pénurie d’équipements publics dès la livraison des programmes immobiliers concentrés. On peut également ajouter à cela la valse des malfaçons due en grande partie aux constructions trop rapides et dont sont victimes les occupants des îlots et programmes récemment livrés (Ginko, rue Blanqui…).
Mais comment collectivement, avons nous pu laisser ces quelques oiseaux de passage plomber notre ville pour des décennies. Ce qui est vrai pour Ginko, les bassins à flot, l’est également pour Euratlantique, Bastide Niel et Brazza.
Pour revenir à ce projet de tour aux bassins à flot, même les très jupéistes fervents défenseurs de la Cité du vin sont consternés par ce laisser aller municipal.
Avec la réalisation de ce projet, nous aurions assisté au dernier souffle d’un génie du lieu bordelais, qui se meurt à petit feu, derrière la façade des quais, son miroir d’eau et un triangle d’or produisant une fascination collective. Hypnotisés, nous devenons complices malgré nous de cette lente agonie.
Mais dans dix ans, où seront les artisans de cette politique explosive ?

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