Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
» Agenda

Menu:

retour page précédente...

Tribune : Bassins à flot : Îlot Lesieur 60 mètres de haut – 16 étages

Publié le 30/07/2015

« En continuant à laisser les pleins pouvoirs à la promotion immobilière, Alain Juppé fait de Bordeaux un bric-à-brac, caché par une vitrine de bijoutier ».


« En continuant à laisser les pleins pouvoirs à la promotion immobilière, Alain Juppé  fait de Bordeaux un bric-à-brac, caché par une vitrine de bijoutier ». 

Bassins à flot : Îlot Lesieur 60 mètres de haut – 16 étages
Trop c’est trop !

Après les tentatives avortées du Maire pour réduire à néant « l’esprit du lieu » de Bordeaux (destruction du pont du pertuis, tentative de destruction des grandes écluses, 1er projet « Nautilus » mis à mal par l’UNESCO…),  aujourd’hui l’édile est en train de laisser des pions fous et monstrueux avancer sur l’îlot où se trouve actuellement l’usine Lesieur : un îlot de bâtiments flanqué de deux tours dont l’une de 16 étages et de 60 mètres de hauteur (R+16).

On sent bien que le Maire, installé dans sa fusée présidentielle, est sur le point de quitter la planète Bordeaux pour des cieux nationaux.

Les promoteurs ne s’y trompent pas à en croire la frénésie immobilière qui s’emballe pour siphonner, aspirer, racler tout ce qui est encore possible avant la fin du règne du « meilleur d’entre nous ».

Frénésie irrépressible, soutenue par quelques janissaires et autres éminences, quitte à laisser un magma urbain informe à l’urbanisme quasi inexistant.  Cette accumulation de programmes ne manquera pas de générer quantité de grenades sociales dégoupillées, de bombes à retardement, qui à coup sûr exploseront  à la barbe de ceux, quels qu’ils soient,  en charge de cette ville dans les huit ou dix ans qui viennent.

Aujourd’hui, quelques prises de conscience commencent à se manifester. Que ce soit chez certains  architectes ou  chez quelques hauts fonctionnaires effarés et arrivés au bout de leur capacité à ne pas faire de vagues…

Que ce soit dans les collectivités locales en charge de l’action sociale, ou dans les divers services de l’État, tous sont inquiets, à échéance d’une décennie, par le résultat des simulations de l’évolution sociale de ces quartiers champignons.

Bien souvent les mêmes causes produisent les mêmes effets ! Sauf qu’aujourd’hui, ces  concentrations urbaines, qui furent les graves erreurs des années 70 et dont nous payons tous les jours les frais, sont multipliées par 5 dans un laps de temps beaucoup plus court.  En plus, cette urbanisation souffre d’une pénurie d’équipements publics dès la livraison des programmes immobiliers concentrés. On peut également ajouter à cela la valse des malfaçons due en grande partie aux constructions trop rapides et dont sont victimes les occupants des îlots et programmes récemment livrés (Ginko, rue Blanqui…).

Mais comment collectivement, avons  nous pu laisser ces quelques oiseaux de passage plomber notre ville pour des décennies. Ce qui est vrai pour Ginko, les bassins à flot, l’est également pour Euratlantique, Bastide Niel et Brazza.

Pour revenir à ce projet de tour aux bassins à flot, même les très jupéistes fervents défenseurs de la Cité des civilisations de la vigne et du vin sont consternés  par la hauteur et la masse de l’édifice, qui à coup sûr va écraser l’architecture voulue originale de ladite cité du vin placée à quelque 100 ou 200 mètres à peine.

Avec la réalisation de ce projet, nous allons assister au dernier souffle d’un génie du lieu bordelais, qui se meurt à petit feu, derrière la façade des quais, son miroir d’eau et un triangle d’or produisant une fascination collective.  Hypnotisés, nous devenons complices malgré nous de cette lente agonie.

Mais dans dix ans, où seront les artisans de cette politique explosive ?

Ne laissons pas faire ça, réveillons-nous.

Philippe Dorthe le 29 juillet 2015  





retour page précédente...