Conseiller Général du canton de Bordeaux I et Conseiller Régional d'Aquitaine

   
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Pour une Régie unique EAU / GAZ

Publié le 15/12/2011

Les usagers de Gaz de Bordeaux sont en colère et ils ont raison. En effet il n’est pas normal d’avoir des tarifs à Gaz de Bordeaux 15% au dessus de ceux pratiqués par GDF.

J’ai bien pris note des 6 millions d’euros de dividendes redistribués aux actionnaires de REGAZ alors qu’en période de crise, un réinvestissement dans la société avec impactage sur les tarifs aurait été une attitude plus responsable et citoyenne.

De plus, Gaz de Bordeaux aurait traité un marché d’achat de gaz à une société italienne de distribution, ENI, facturant 30% plus cher que les fournisseurs historiques : incompréhensible !

D’autre part, faute de relances des services de recouvrement, il semblerait que la somme de 3 millions d’euros n’ai pas été encaissée auprès des usagers. Il serait surtout question des factures concernant : (travaux de mise en œuvre de chaudières, entretien chez les particuliers, factures diverses)…

Gaz de Bordeaux ayant une mission de service public, cette situation est difficilement acceptable, du moins l’élu tout comme l’administré que je suis ne peut s’y résoudre.

Afin de ne pas laisser à Gaz de Bordeaux, l’excuse de se réfugier derrière un personnel pléthorique, rappelons que dernièrement, suite à des inondations privant 17 000 foyers de gaz, il n’a fallu que 4 jours aux employés de Gaz de Bordeaux pour tout rétablir là où dans une situation similaire ne touchant que 300 foyers, GDF a mis 7 jours…pour cause d’appel à de la sous-traitance en l’absence de personnel en nombre et formé.

En ce qui concerne la rétroactivité de l’augmentation des tarifs, il n’est pas possible d’accepter cela.

Les faits : juillet 2011 alors que Gaz de Bordeaux demande et obtient de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), une augmentation de ses tarifs, le Premier Ministre François FILLON annonçait le gel provisoire des tarifs du gaz en France.

En découle une situation cocasse : Monsieur le Maire de Bordeaux, Alain JUPPE, dans l’obligation de rappeler que Bordeaux est bien en France, demande, après avoir eu son autorisation d’augmentation, le gel des tarifs de Gaz de Bordeaux. Ubuesque !

Sauf que…l’augmentation est décidée, elle doit s’appliquer pour parer au risque de concurrence déloyale ; pour « dissimuler » la chose, choix est fait de la rétroactivité. Ce qui était inodore en juillet, devient explosif en décembre, un peu comme le gaz !

Pour ma part, d’après ce que l’on sait de cette histoire, et ce qu’on connaît de la situation économique de notre Pays, de l’importance de la maitrise des énergies et le poids de la facture pour les usagers, je serais favorable à la mise en place d’une Régie Communautaire de l’Eau (en étude) et du Gaz (à mettre à l’étude vite !).

Le Président de la CUB, Vincent FELTESSE souhaite remettre en œuvre la gestion de l’eau par une Régie gérée par la Communauté. Il me semble possible et complémentaire de faire de même avec le Gaz. De plus, les métiers sont proches, ce qui faciliterait la mutualisation (donc diminution des coûts de gestion) de certains services comme : la maintenance, la gestion commune des factures, le relevé unique des index Eau/Gaz, la rotation des agents d’astreinte, etc.…

D’autre part, il se dirait du coté du Palais Rohan, que le Maire de la Ville serait en contact avec la société TOTAL, intéressée par  l’achat de Gaz de Bordeaux, mais le 1er magistrat aurait démenti. Par expérience, il faut toujours se méfier du temps qui passe et qui change bien des décisions et des opportunités ! Nous connaissons tous la phrase magique « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis ».

Cette éventualité de « Vendre les bijoux de famille » m’incite vraiment à proposer au Président de la CUB de travailler à cette idée de Régie unique réunissant Eau et Gaz. Je sais bien que pour lui la chose n’est pas simple. Mais il me semble que cette proposition, même si elle doit mettre du temps, est la bonne solution pour contenir les tarifs et rester dans un esprit de service public.

 

Philippe DORTHE

15 décembre 2011



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